Posté par carolehaberle le 3 février 2010

Yann Wehrling parie sur la jeunesse de sa liste 

 leur tour, Yann Wehrling, tête de liste régionale du MoDem, et Odile Uhlrich-Mallet, pour le Haut-Rhin, ont dévoilé leur liste, « Alsace démocrate ». « Notre démarche a été guidée par notre volonté de faire partager un programme. Notre liste est aussi la plus représentative possible de la région et de ses habitants », a relevé Yann Wehrling, tête de liste régionale du MoDem, en insistant sur la jeunesse de ses colistiers. Ainsi, la moyenne d’âge pour les quatre premiers de chaque département est de 38 ans, témoignant selon lui de « la volonté de renouvellement dans la classe politique alsacienne ». Cautions centristes 

« Nous n’avons pas privilégié un casting qui mettrait en avant ceux qui ont le plus de responsabilités ou cumulent le plus de mandats », a enchaîné la Colmarienne Odile Uhlrich-Mallet, conseillère régionale sortante, vice-présidente sous Adrien Zeller, qui n’a pas été suivie dans sa démarche par d’autres ex-élus UDF. « Ils avaient choisi la facilité en soutenant André Reichardt, lors de l’élection du président », note-t-elle. Elle préfère mettre en avant les élus de petites communes, présents sur la liste, à l’image du Bas-Rhinois Michel Lorentz, 31 ans, maire de Roesch-woog, un des plus jeunes maires d’Alsace, de Daniel Stirmann, maire de Munwiller (10 e) ou encore d’Agnès Henrichs, maire de Sainte-Croix-aux-Mines. À remarquer encore la présence d’une conseillère mulhousienne de l’équipe Bockel, Emma Suarez (3 e) et d’un élu qui se déclare « autonomiste », Marcel Schmitt, maire de Schweighouse (9 e), qui a été candidat pour l’UPA (Union du peuple alsacien). On trouve aussi dans la section bas-rhinoise la conseillère générale écologiste de Schiltigheim, Andrée Munchenbach, qui se dit soutenue par trois autres élus de son groupe du conseil général. Enfin, en queue de listes, l’ex-adjointe strasbourgeoise, Yvonne Knorr, apporte sa caution centriste, tout comme l’ancien sénateur Henri Goetschy, qui s’inscrit dans « la ligne des Pflimlin, Meck, Joseph Rey et de l’esprit MRP », et se veut « le défenseur du bilinguisme, voire du trilinguisme ». « Nous voulons dépasser les clivages droite-gauche », dit Yann Wehrling, qui déclare attendre le soir du premier tour avant d’évoquer le second. Lui rappelle-t-on que Jacques Bigot (PS) a dit exclure la fusion avec le MoDem qu’il réplique : « Certains changent d’avis au vu des résultats. » À propos du centriste Bernard Stoessel, qui fera équipe notamment avec des contestataires du MoDem, Henri Goetschy — qui fut son mentor en politique — lâche, amusé : « Lorsque le frère égaré revient, il faut lui tendre la main… » 

Y. B. Bas-Rhin : Yann Wehrling, Anne Meunier, Michel Lorentz, Martine Heitz, Thomas Remond, Virginie Kleinmann, Jean-Charles Lambert, Andrée Munchenbach… Haut-Rhin : Odile Uhlrich-Mallet (c.r. sortante), Hubert Ott, Emma Suarez, Denis Dotter, Carole Haeberlé, Jean-Luc Galliath, Agnès Henrichs, Christophe Meyer… 

«Des gens du terrain » 

La liste MoDem conduite par Yann Wehrling, avec Odile Uhlrich-Mallet comme chef de file dans le Haut-Rhin met les autres listes au défi de la battre sur le plan du renouvellement et de la jeunesse. 

Le MoDem bénéficie, si on peut dire, de l'hémorragie subie par l'ancienne UDF ces dernières années, avec le départ de la plupart des notables et élus vers l'UMP, le Nouveau centre, voire Force centriste. C'est pourquoi Yann Wehrling peut se féliciter de ne pas présenter une liste qui soit « l'addition de gens ayant d'autres mandats » mais qui « met l'accent sur la représentation des habitants de cette région ». Une liste « enracinée » qui compte un seul élu régional sortant, Odile Uhlrich-Mallet, mais plusieurs maires, adjoints ou conseillers municipaux. « Ce n'est pas un casting des CV les plus chargés possible, ce sont des gens qui nous ressemblent » (aux gens de la société civile), dit l'adjointe au maire UMP de Colmar.
 La liste haut-rhinoise est « poussée » dans le Haut-Rhin par l'ancien président du conseil général Henri Goetschy (22e) qui a toujours le verbe haut malgré ses 83 ans. « Même en politique, on peut rester fidèle à ses engagements. Je ne suis pas une girouette. Je vous transmets l'esprit du MRP, c'est à dire les valeurs démocrates, européennes et de justice sociale », a-t-il dit hier à Sélestat à ses colistiers.
 La liste se flatte d'une moyenne d'âge de 38 ans pour les quatre premiers de chaque département. « Il n'y a pas beaucoup de listes qui peuvent atteindre cet objectif », dit Yann Wehrling. Une jeunesse qui n'empêche pas l'expérience, plaide l'avocate Uhlrich-Mallet en citant ses deux mandats à la Région et la compétence des élus locaux. 
Goetschy : « Un Européen 
doit parler au moins 
trois langues »
  Par exemple Michel Lorentz, maire de Roeschwog à 31 ans, qui a « le souci de la modernité, veut éviter les réflexes passéistes et regrette le caractère si peu transfrontalier de l'aménagement du territoire ». Ou encore Agnès Henrichs, maire de Ste-Croix-aux-Mines, qui a vu dans le programme du MoDem (lire les DNA du 10/1) les « réponses aux soucis des habitants du val d'Argent ». Et aussi Andrée Munchenbach, conseillère général, qui apporte à la liste le soutien des quatre élus du groupe CEDRE au Département.
 La plupart des candidats qui sont intervenus hier insistent sur l'importance du bi ou multilinguisme. Marcel Schmitt, maire de Schweighouse-sur-Moder, fier d'avoir commencé son engagement aux régionales de 1992 sur une liste de l'UPA (autonomiste), s'est battu pour l'ouverture d'une des premières classes bilingues associatives.
 Alors que dans d'autres régions, des adhérents du MoDem font alliance ici avec le PS, là avec l'UMP, en Alsace, on maintient la ligne indépendante. « Le clivage gauche-droite n'est plus pertinent. Nous déciderons au soir du 1er tour ce que nous ferons. Nous ne le savons pas encore », dit Yann Wehrling. 

Claude Keiflin 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Réunion de section 29-Jan-2010

Posté par Yves Mallebay le 29 janvier 2010

Vie locale du mouvement

Réunion de section Modem

Saint-louis 3 frontières

La réunion de la section Modem Saint-louis 3 frontières aura lieu

le vendredi 29 janvier 2010 à 19h30

au restaurant Bellevue (*)
4 route d'Altkirch, 68300 St-Louis.

Ordre du jour:

  • Informations sur notre programme pour les régionales
  • Composition de la liste
  • Organisation d'une réunion publique à St-louis
  • Organisation de la campagne
  • Divers

Nous nous réjouissons de nous retrouver nombreux.

Carole Haeberle et Yves Mallebay

(*) Restaurant Bellevue, grand parking, spécialités françaises et italiennes. Ouvert les lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et dimanche de 11h à 14h30 et de 18h à 22h30. Tél. 03 89 69 74 93

Publié dans MoDem | Pas de Commentaires »

DQ-18: Pourquoi un chef ?

Posté par Yves Mallebay le 24 janvier 2010

la Démocratie au Quotidien (XVIII):

Pourquoi un chef ?

Que d'énergie à vouloir être chef ! De combien de moyens inavouables, de mensonges, de coups bas et trahisons pour y arriver sommes-nous les témoins, sinon les acteurs Sourire ! Mais d'abord avons-nous besoin d'un chef ?

“WOHL VORGEHEN MACHT WOHL FOLGEN”

Sagesse affichée au fronton de l'hôtel de ville de Bâle: quelqu'un qui ouvre bien la voie, montre l'exemple, entraîne l'adhésion du groupe. Il nous est effectivement plus facile de suivre, d'imiter, de faire “comme on a toujours fait” que de créer, d'innover et de prendre des risques. Quand le groupe est en crise, qu'il se trouve dans une situation nouvelle, inconnue, il a besoin d'un guide qui lui indique le meilleur choix. Mais qui ? Comment le choisir ? La situation est nouvelle pour lui aussi, il faut donc qu'il ait des qualités autres que le “métier”.

Ainsi François Bayrou qui constate les travers dans lesquels la politique française s'est enlisée et propose aux français de faire de la politique autrement a-t-il beaucoup de difficultés avec les politiciens qui veulent faire “comme on a toujours fait”.

Etre notre miroir

Nous lui demandons d'avoir nos objectifs, pour qu'il nous défende, qu'il défende nos intérêts, pour que ce qu'il nous propose soit en fin de compte ce qu'il a perçu de mieux pour nous. Il nous l'expliquera et nous boirons ses paroles. A priori nous lui ferons confiance, mais les informations qu'il apportera, les arguments qu'il exposera sont le vrai ciment de cette confiance.

En fait nous lui demandons d'être notre miroir à nous, le collectif.

Il lui faut pour cela trois qualités …

La compassion, sentiment général d'empathie non dirigé

Dès qu'il connaît la situation de quelqu'un qui souffre, il ressent sa douleur et la prend en compte dans sa ligne générale de façon pondérée par tout le contexte (statistiques, contraintes, etc).

Travers actuel: en l'absence de compassion réelle, le gouvernant utilise l'évènementiel pour en faire de la communication, voire pour justifier l'inflexion de sa politique dans le sens qu'il désire.

Lui savoir cette attitude importe surtout à ceux qui ne souffrent pas encore et seront sous son autorité confrontés à une souffrance, car ce chef a naturellement pour objectif d'épanouir le groupe, d'être à son service tel l'Abbé Pierre ou Soeur Emmanuelle. Pourquoi ces gens ne font-ils pas de politique? Ils sont pourtant très populaires. Mais il leur manque la deuxième chose …

La connaissance

Il connaît les comportements, les attentes, les règlements, les contraintes, les faits et mécanismes scientifiques, économiques, écologiques et aussi la situation. Il peut donc proposer des actions efficaces pour atteindre un objectif, et éclairer les moins instruits du groupe.

Travers actuel: d'une culture inégale, les gouvernants se montrent pressés de faire du spectaculaire, alors qu'on s'aperçoit avec le temps que ce n'était que de la gesticulation.

Il s'agit d'un esprit ouvert sur le monde en permanence, prêt à se remettre en cause et à se tenir à jour. L'écoute est fondamentale, que ce soit l'opinion, les partenaires sociaux, les personnalités, etc. Fondé sur une solide culture de base, cet effort est facilité par la confiance dans un entourage compétent (collaborateurs, ministres …).

Travers actuel: la caricature de l'hyper-président qui dénigre ses ministres parce qu'il croit qu'il sait mieux que tout le  monde !

Il s'agit aussi de se distancier de l'émotion immédiate, tenir compte de la finance, du monde de l'entreprise ou du droit international et parfois accepter la souffrance du court terme pour les besoins du long terme: la Chine a ainsi totalement sacrifié une génération dans les années 60-70 pour la réussite de ses enfants.

Travers possible: céder à l'émotion - la France des années 80 a cédé à la reconnaissance de ses “jeunes” retraités et leur a octroyé des avantages qui coulent les jeunes d'aujourd'hui.

Mais encore ?

En général nous pouvons identifier dans les propositions de candidats l'absence de connaissance. De même le comportement qui choque parfois (attitude d'élite, égo disproportionné, recherche de carrière) révèle précisément l'absence de compassion. Le discours doit avoir des qualités d'authenticité: elles permettent de reconnaître cette qualité de coeur.

Note: par exemple le programme d'Alsace Démocrate nous est cher, car particulièrement solide, qu'il défend les intérêts alsaciens y compris sur le long terme et qu'à sa lecture nous ressentons le respect des citoyens qu'il dégage.

Si nous avons le bonheur de rencontrer deux personnalités munies de telles qualités, nous choisirons celui qui a l'esprit le plus brillant, le plus rapide. Comme par hasard, les qualités mises en avant pour un chef seront présentes: avoir du courage, savoir trancher,etc.

Finalement le groupe trouve dans cette personnalité une motivation qui mobilise les énergies, rassemble les idées et contribue très fortement au succès du groupe par lui-même.

Les américains ont vraiment de la chance: long life to you, President Obama !

Publié dans MoDem, citoyen | Pas de Commentaires »

2006: “Je veux, si je suis élu président de la république, que d’ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid” Nicolas Sarkozy. 2009: 338 SDF sont morts dans la rue en 2009

Posté par Regis Baschung le 27 décembre 2009

Nous rappelons au Président de la République de tenir sa promesse qu'il a faite lors de ce discours le 18/12/2006: ”Je veux, si je suis élu président de la république, que d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid. Parce que le droit à l'hébergement, je vais vous le dire, c'est une obligation humaine. Mes chers amis, comprenez-le bien : si on n'est plus choqués quand quelqu'un n'a pas de toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause.” Nicolas Sarkozy 

338 SDF morts depuis début 2009, selon Les Morts de la Rue

PARIS — Trois cents trente huit personnes sans domicile fixe (SDF) sont mortes en France depuis le début de l'année 2009, dont douze au cours de la dernière semaine, a annoncé lundi dans un communiqué le collectif des Morts de la Rue.

En 2008, le collectif avait dénombré 399 décès de personnes effectivement mortes dans la rue, mais aussi des conséquences d'une vie “à la rue”.

Parmi les derniers décès figurent un homme de 37 ans, retrouvé sans vie dans les sanitaires publics face à la gare de Vannes ou Pascal, 50 ans, mort le 12 décembre à Lorient, où il était bien connu des habitants.

“De plus, d'autres personnes sont mortes directement du mal logement” ajoute l'association. “Nous ne les ajoutons pas au nombre des décès, mais dénonçons également leur mort due à la misère”.

Publié dans citoyen | Pas de Commentaires »

DQ-17: l’initiative suisse des minarets

Posté par Yves Mallebay le 4 décembre 2009

la Démocratie au Quotidien (XVII):

L’initiative suisse des minarets.

Le résultat retentissant de la votation contre les minarets en Suisse jette une lumière crue sur la démocratie directe. Nous avions valorisé la consultation et précisé les conditions de sa réussite. Nous étions nous trompés ? Approfondissons la réflexion sur ce mode de gouvernement et exprimons nous sur ce résultat.

1) Qui commande ?
2) Comment comprendre ce résultat ?
3) Peut-on voter sur tout ?
4) A quels critères de qualité la question posée doit-elle satisfaire ?
5) Qu'aurions-nous recommandé concernant le texte mentionné plus haut ?
6) La situation en France: Les mécanismes démocratiques existent-ils ?
7) La situation en France: Qu'est-ce que les français voteraient ?
8 ) Conclusion: des garde-fous pour bénéficier de cette forme de démocratie

1) Qui commande ?

Lors d'un débat à la télévision suisse romande, Daniel Cohn-Bendit met en cause la capacité du peuple à prendre la bonne décision. Comme les irlandais appelés à revoter sur le traité de Lisbonne jusqu'au “oui”, il propose de faire revoter les Suisses. Les Helvètes élevés à ce mode de gouvernement sont profondément choqués par cette idée: “on pourrait revoter, mais sur un autre texte”, ce qui est juridiquement évident. C'est aussi le bon sens: il faut un élément nouveau, comme dans les décisions de justice. C'est surtout respectueux de la démocratie au sens strict.

C'est que le mécanisme de l'initiative est lent et le débat long: lancement de l'initiative en mai 2007 (collecte de signatures de soutien) Après validation contre les listes électorales et vérification du nombre requis, le résultat force le gouvernement à organiser la consultation en juillet 2008. La votation survient le 29 novembre 2009 après plus de deux ans de débats, à comparer aux deux semaines de campagne électorale en France. Les votants ont eu le temps de mûrir leur décision. Faire revoter est la négation de la souveraineté du peuple (démo=peuple, cratie=pouvoir): comme le dit Oskar Freysinger, conseiller national UDC, Valais, membre du comité d’initiative, “le peuple n'appréciera pas de voter une 2ème fois: dans ce cas il confirmera le premier vote avec 80% des suffrages !”.

Ce sont deux conceptions du citoyen qui s'affrontent: pour Cohn-Bendit, l'élite doit guider la société civile quitte à nier le résultat d'un référendum. Pour les suisses, la société civile si elle se sent en rupture avec son élite doit pouvoir la désavouer. C'est aussi notre avis.

2) Comment comprendre ce résultat ?

Les sondages annonçaient le rejet de l'initiative “pour l'interdiction des minarets” à 53%, ce qui voulait dire que les suisses autoriseraient la poursuite de la construction des minarets. C'est le contraire qui est enregistré à 57%. C'est que le secret de l'isoloir permet d'exprimer ce que l'on pense et désire vraiment, contrairement aux sondages souvent présentés comme justifications de décisions par les gouvernements.

Les sondages ont endormi la vigilance des opposants qui se seraient sans doute déplacés davantage (47% d'abstention) s'ils avaient connu la réalité, mais il n'est pas certain que le résultat final aurait été différent.

La Suisse a une longue tradition de progresser seule, en retrait de ses voisins, surtout la Suisse centrale rurale et orientale, alémanique. C'est là qu'on trouve les cantons de la Suisse d'origine, qualifiés en Suisse de Neinsager (= diseurs de non), qui ne veulent pas faire partie de l'Union européenne ni se laisser imposer des lois de l'extérieur, avec des records d’approbation de l’initiative. Encore une fois les cantons romands ont été ouverts (Genève, Vaud, Neuchâtel) ainsi que Bâle-Ville, ville très ouverte sur le monde et particulièrement cultivée: tous les quatre ont rejeté l'initiative.

La Suisse, les suisses ont été humiliés récemment à plusieurs reprises: effondrement de l'UBS, une des plus grandes banques du monde, remise en question du secret bancaire, otages de Kadhafi.

Pour mémoire le secret bancaire fait partie de la constitution. Il avait été institué avant l'existence de mouvements financiers internationaux: il fallait protéger les suisses riches, personnes physiques, contre des initiatives du type “servons-nous !” et garantir une démocratie directe équilibrée, qui ne dépouille personne. Mais les banquiers suisses des années 1980 ont commencé à utiliser ce secret bancaire comme élément de compétitivité, voire ont prospecté les citoyens américains pour les inciter à l'évasion fiscale …

Un fils de Kadhafi avait été arrêté à la fin de 2008 pour esclavage à Genève. Pour se venger, le dictateur a pris en otages deux ressortissants suisses au début de 2009. Pour les libérer, le président du Conseil Fédéral Rudolf Merz a pris l'initiative personnelle, sans mandat de la confédération, de présenter des excuses au nom de la Suisse, la mettant dans une position humiliante devant ce dictateur. Peine perdue, Muhammad Kadhafi ne les a pas fait libérer.

Les suisses ont été humiliés par Kadhafi et par ce vote n'ont pas voulu plier le genou devant lui.

Et surtout, il est important de voir les arguments et l'apparente mesure du texte populiste soumis à votation: c'est pour défendre la liberté religieuse et la paix civile que des symboles de conquête de territoire devraient être interdits. Les symboles chrétiens ou juifs étant en régression (construction de clochers, appels à la prière par la cloche de l'Angélus), les symboles bouddhistes n'étant pas conquérants, les seuls visés sont donc les symboles musulmans (minarets, voile islamique, burka, refus de serrer la main à une femme …). La construction de mosquées se poursuivra et les musulmans pourront se recueillir dans ces lieux de prière pour pratiquer selon leur foi, comme aujourd'hui. Cette initiative n'aurait donc pas de conséquence pratique. C'est compter sans l'humiliation du résultat pour les citoyens suisses musulmans, et la portée internationale du symbole.

Sur le fond, l'initiative est une réaction à la remise en cause par la communauté musulmane des mœurs établies en occident (fréquentation des piscines en séparant hommes et femmes, ne pas laisser un médecin homme soigner une femme, …), ainsi que de l'islam politique. Les interdits religieux remettent en cause des pratiques occidentales déjà anciennes, voire les condamnent. Ils semblent renvoyer l'occident à une époque antérieure - les femmes ont eu bien du mal à obtenir le droit de vote - d'autant que le fondement religieux de la séparation des sexes est en réalité mal établi (”on ne les touche pas parce qu'on les respecte trop” selon certains religieux) alors que les fondements psychologiques originels sont clairs. La position des initiants l’est tout autant: “Celui qui, comme c'est le cas dans l'islam, place la religion au-dessus de l'Etat, donc qui donne aux instructions religieuses une importance plus grande qu'au régime légal institué par l'Etat de droit, se place forcément en contradiction avec la Constitution fédérale”. Positions officielles, campagne et résultats détaillés sont disponibles sur Wikipédia.

3) Peut-on voter sur tout ?

La formulation d’une initiative est formulée de façon très crue pour que le peuple la comprenne bien. Il est donc exclu de s’encombrer de précautions diplomatique. D’ailleurs comme nous l'avons vu dans ce blog auparavant, les sujets de politique extérieure ne doivent normalement pas être l'objet de la démocratie directe.

Ici cette votation a des implications internationales. Le conseil fédéral se retrouve dans une situation diplomatique extraordinairement difficile, alors que sa neutralité permettait à la Suisse de jouer un rôle de messager entre puissances en conflit. Les risques internationaux deviennent élevés, la condamnation des 2 otages suisses à 16 mois de prison en Lybie deux jours après la votation doit être vue comme des représailles immédiates. Comme le dit Cohn-Bendit, “vous croyez vous protéger et vous poussez les extrémistes à bout”.

Sur le plan intérieur, cette initiative est discriminatoire: elle est incompatible avec la démocratie qui revendique l'égalité en droit de ses citoyens. D’une façon générale, la majorité ne peut pas toujours imposer son point de vue. Ainsi par exemple, manipulés par des discours haineux les allemands auraient en majorité approuvé les mesures antisémites à la fin des années 30, ils auraient eu tort tout en étant majoritaires. Il y a donc des critères de démocratie à respecter.

En conclusion, on peut voter sur toutes les affaires intérieures, et avec vérification de critères de démocratie de la question (respect des droits de l'Homme).

4) A quels critères de démocratie la question posée doit-elle satisfaire ?

Une initiative ne doit pas aboutir à la destruction de la démocratie: les valeurs de respect des citoyens doivent être vérifiées dans les questions proposées, sinon la décision devient inapplicable.

Une rédaction non discriminatoire aurait été applicable (par exemple “les symboles marquant la victoire d'une religion, tels la construction nouvelle de bâtiments trop hauts ou les appels à la prière à l'extérieur des lieux de culte sont interdits”).

L'initiative contre les minarets aurait du être examinée par une instance habilitée sur ce sujet. Ce contrôle fait défaut et aucune institution suisse actuelle n'est qualifiée, pas même le tribunal fédéral: “Quand on est juge et partie, c'est un défaut de la démocratie”. Ayant signé des traités internationaux, la Suisse aurait du présenter le texte à la cour européenne des droits de l'Homme. Cette vérification va avoir lieu après coup: elle sera certainement rejetée. Dans ce cas “il faudra en vouloir à celui qui a posé la question”. Pour Ada Marra, conseillère nationale PS, Vaud “c'est un vote indigne: la démocratie a été abusée”. “Il y a eu une régression des cours de civisme: on ne sait plus débattre”. Ce vote sur l'émotion est dénoncé par le dessinateur suisse Chappatte.

5) Qu'aurions-nous recommandé concernant le texte mentionné plus haut ?

- le rejet du texte tel que rédigé, et donc laisser construire des minarets en Europe.

- à plus long terme, nous recommandons de mettre en place des mesures non discriminatoires de manière à prévenir l'apparition de ces sentiments de rejet d'une communauté. La communauté musulmane établie est très digne et aidera les Démocrates à travailler ensemble dans cette voie afin qu'on arrive à un respect mutuel des communautés.

6) La situation en France: Les mécanismes démocratiques existent-ils ?

Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, les citoyens de l’Union Européenne bénéficient du droit au référendum d’initiative populaire. Il est prévu de valider a posteriori le texte approuvé devant la cour européenne des droits de l’Homme.

Il existe en théorie en France depuis 2007 mais les décrets d'application n'étant pas publiés, en pratique nous n'avons rien initié en 2009.

Opposé au débat - si ce n'est pas lui qui le lance et le contrôle -, opposé à la régionalisation, n'utilisant pas le référendum, Nicolas Sarkozy est un opposant catégorique à la démocratie directe. Il n’est guère étonnant que les décrets d’application de la loi de 2007 ne soient toujours pas publiés.

On peut constater que le point de vue de Cohn-Bendit est répandu (les élites doivent guider la société civile, quitte à ignorer le résultat d'un référendum, voir Chirac et le résultat de 2005, et faire revoter les citoyens, les irlandais par exemple).

Concernant pour le référendum français, les précautions concernant la qualité de la question n'existaient pas:

  • Pas de contrôle des termes d'un plébiscite demandé par le Président de la République Française,
  • Pas de publication des décrets d'application de la loi autorisant le référendum d'initiative populaire.

Or aujourd'hui les français n'en ont pas l'habitude. C'est pourquoi quand les signatures de soutien seront validées, il faudra contrôler la qualité de la rédaction de la question:

  • vérifier son applicabilité juridique,
  • valider par la cour européenne des droits de l'Homme que la proposition exclut toute discrimination,
  • s’assurer que la nouvelle disposition ne bloque pas la démocratie.

Les citoyens ne devraient pas laisser passer de telles initiatives, et dans le pire des cas il pourra y avoir recours devant la cour européenne des droits de l’Homme. Mais l faut aussi s’assurer que la décision peut s’appliquer et sans bloquer la démocratie. Il n’y aurait rien de pire que des décrets d’applications bâclés et des antidémocrates trouvant une habile initiative qui tue la démocratie (consulat, empire …).

Enfin quand Ada Marra, députée suisse, déplore: “Il y a eu une régression des cours de civisme: on ne sait plus débattre”:

  • Quelle est la place consacrée à l'apprentissage de la Démocratie dans les écoles françaises ?
  • Le “débat sur l'identité nationale” ne devrait-il pas lui-même être contrôlé par la cour Européenne des droits de l'Homme ?

7) La situation en France: Qu'est-ce que les français voteraient ?

Selon les instituts de sondages, ils voteraient comme les suisses à une écrasante majorité, et même plus. Une forte minorité est prête à empiéter sur la liberté religieuse et interdire non seulement la construction de minarets mais aussi l'édification de mosquées.

Quand on examine en détail le sondage IFOP, on s'aperçoit que le MoDem (ses sympathisants) est le mouvement animé du plus grand sentiment de respect des minorités. Si le Blocher suisse est moins fasciste que Le Pen français, les racistes se démasquent à l'UMP.

Une quadruple responsabilité est engagée:

a) l'absence de la pratique de la démocratie empêche la société civile française de trouver des positions équilibrées. En effet en Suisse, si l’on tient compte:

  • du faible nombre de musulmans parmi les inscrits,
  • du respect des nouvelles constructions de lieux de culte, sans réciprocité dans les pays musulmans,
  • des motivations vues plus haut par rapport à Kadhafi,

approuver à 57% cette initiative est une majorité plutôt modérée.

b) les media publient des articles caricaturaux sur le sujet. Le sondage en ligne du monde posait ainsi la question:

“Organiser un référendum sur la construction de minarets, comme cela s’est fait en Suisse où il a été rejeté par 57 % de la population, est-ce, selon vous…
… un signe de démocratie
… ou un signe d’irresponsabilité
Sans opinion”

On note:

  • une erreur sur le sens de la question et du résultat (référendum approuvé à 57% !)
  • une ignorance du mécanisme démocratique “un signe d’irresponsabilité”, or c'est l'initiative populaire
  • une absence d'analyse de ce qui a manqué à la démocratie.

c) L’éducation civique devrait être plus que l’apprentissage des institutions existantes. Les cours de morale de l’ancienne école communale correspondaient à cette notion. Ces cours de civisme devraient être développés.

d) Le gouvernement français devrait travailler sur la résolution du contentieux historique entre la France et l'Algérie qui a alimenté ce malaise interculturel comme le décrit Tahar Ben Jelloun. Sans doute est-il plus facile (et démagogique) de lancer un “débat sur l'identité nationale” que de se retrousser les manches … 

8 ) Conclusion: des garde-fous pour bénéficier de cette forme de démocratie

La démocratie directe encourage le débat et développe la responsabilité des citoyens. Ceux-ci doivent convaincre leurs concitoyens et aller vers eux, et non lutter avec le gouvernement. Ce changement d'attitude a des retombées positives, d'abord sur la capacité à travailler politiquement ensemble, ensuite dans la vie économique: davantage de sens de l'initiative crée davantage de richesses.

Il ne s'agit pas de sondages : la société civile peut envoyer un signal quand elle est en rupture avec ses élites. Une des conséquences est de dégonfler les réservoirs de voix des extrêmes. Pour que les mesures passent, elles doivent être modérées. Les extrêmes s'inclinent devant la démocratie directe.

Enfin les lois étant acceptées par la population, elle assume les conséquences de ses décisions : pas de manifestatons contre le gouvernement. La paix sociale, si précieuse pour les entreprises, en est le principal bénéfice.

Si le chemin de la démocratie directe est vraiment le meilleur pour ces raisons, il est très long :

Publié dans MoDem, Dans l'opposition | 1 Commentaire »

La démocratie au quotidien (XVI): Subsidiarité contre Jacobinisme

Posté par Yves Mallebay le 30 novembre 2009

Confrontés à des problèmes d'harmonisation, les pays européens n'entendaient pas se laisser dicter la conduite de leurs affaires intérieures par une autorité supranationale, mais aucun ne pouvait s'adjuger le droit de dire à ses voisins “c'est ma façon de faire qui est la bonne, il faut que tous les autres européens s'y plient”. La volonté de paix, de vivre ensemble a abouti par la négociation à découvrir cette façon de vivre ensemble : “je ne t'impose rien, il nous faut une règle commune pour ce qui relève du bien commun, administrée par une autorité au-dessus de nous”. L'Union Européenne a donc pris la responsabilité de règles qui permettaient son existence alors que les chefs d'états et de gouvernements  s'arc-boutaient sur leurs prérogatives. Cette délimitation n'a pu se faire qu'en appliquant un principe “ce qui n'a PAS besoin d'être traité par une autorité supérieure doit être traité à un niveau plus local et ainsi de suite”, c'est le principe de la SUBSIDIARITE.

Popularisé en France par la communauté européenne, ce principe de paix et de respect est humaniste mais lent. En comparaison, qu'il fut rapide et facile aux soviétiques d'envoyer les forces du pacte de Varsovie à Budapest ou à Prague parce qu'un petit pays n'acceptait pas une décision centrale ! Ici au contraire, les valeurs des droits de l'homme semblent une voie difficile mais les résultats sont là : la paix en Europe depuis la fin de la 2ème guerre mondiale (en excluant les décolonisations et les Balkans) et une stabilité et une prospérité enviables, à comparer avantageusement à l'Union Soviétique aujourd'hui disparue.

Ce principe fonctionne très bien pour les états fédéraux (Allemagne, Suisse, Espagne, USA …), mais il est nouveau pour les français soumis à une tradition jacobine ancienne. Le royaume de France s'agrandissait par la guerre (Louis XIV a dit “L'État c'est moi” et sur son lit de mort “J'ai trop aimé la guerre”): destruction des libertés, des langues et des pouvoirs locaux. La Convention révolutionnaire n'est pas sortie de cette ornière et a envoyé les girondins à la guillotine (fin du parlement de Bretagne). D'où l'engorgement des services de l'Etat amené à prendre des décisions pour le moindre changement local, son incapacité à tolérer les langues régionales, le maintien des autorités locales sous la tutelle du préfet et ce crime d'interdire à des populations de parler leur propre langue, Alsaciens et Bretons entre autres: la charte européenne des langues régionales n'est toujours pas signée par la France.

Appliquée à la France, la subsidiarité aboutit à la régionalisation. Proposée par De Gaulle dès 1969, elle s'est mise en place par vagues successives avec le découpage en 22 régions de programme, puis en leur transférant de plus en plus de responsabilités sous la présidence de François Mitterrand: aménagements (transports) puis lycées, clause de compétence générale qui permet à la région de modifier les priorités d'investissement par rapport à celles définies par le gouvernement en modulant les subventions régionales par secteur (en Alsace complément au job tremplin pour que les communes puissent sans rien dépenser embaucher des jeunes qui accèdent ici si difficilement au premier emploi) …
Ses bénéfices sont évidents: rapidité de la prise de décision, meilleure adaptation des financements au cas de la région concernée, rapprochement de la population des centres de décision …
Mais les inconvénients apparaissent: transferts de compétences non financées, difficulté à réaliser des économies d'échelle et surtout chevauchement avec les conseils généraux des départements.

La réforme des collectivités locales nous semble donc une nécessité, afin d'aller dans un sens encore plus humaniste et d'aller jusqu'au bout dans le principe de la subsidiarité:

  • une assemblée régionale unique, élue sur le même modèle que les Länder allemands (une moitié d'élus territoriaux élus au scrutin uninominal à deux tours et une moitié élue sur un scrutin de liste strictement proportionnel),
  • avec des moyens institutionnels, juridiques et financiers pour permettre par exemple à l'Alsace de réaliser des ponts sur le Rhin pour tisser un réseau économique plus dense, en ayant le pouvoir de négocier avec son voisin,
  • délégation par la région des centres de décisions vers les “bassins de vie”, zones géographiques issues du découpage de la région dans lesquelles les communes doivent se sentir à leur place (choix du rattachement par référendum local par village),
  • mais dans le même temps incitation par la région des communes voire des bassins de vie à mutualiser des moyens (pompiers, salles des fêtes, installations sportives, médicales et éducatives …) pour accéder à de meilleurs équipements au meilleur prix.
  • introduction de la démocratie locale dans les structures locales.

Le principal opposant à ce projet de réforme des collectivités locales  est un Président de la République Française, Nicolas Sarkozy, qui s'inscrit à contre-courant des principaux progrès réalisés depuis 40 ans dans ce domaine :

La motivation paranoïaque de cet individu pourrait prêter à rire si le résultat n'était à ce point anti-démocratique : il cherche tout simplement à retirer du pouvoir aux régions qui sont actuellement dans l'opposition socialiste (20 sur 22 en 2009). Observons l'argument fallacieux, “l'économie réalisée sur les mandats de conseillers généraux“, quand on voit que le total de l'économie ne représente que la moitié de la croissance du budget de l'Elysée sur une période de 2 ans et demi.

Ayant fait toute sa carrière dans les Hauts de Seine et à Paris, ce triste sire ignore le mal qu'il fait aux autres Régions et ne semble connaître que le Grand Paris et le quartier d'affaires de la Défense. Il s'inscrit dans une tradition jacobine ancienne et cherche à centraliser le pouvoir comme un trou noir. Cette soif de pouvoir représente sur les peuples une telle violence qu'elle ne peut qu'aboutir à des mouvements radicaux violents et des remises en cause de l'ordre établi. Combien de temps le territoire national va t-il encore être largement contrôlé par les préfets qui prennent leurs ordres de Paris ? Combien de temps verrons-nous encore le maire de Hegenheim débouté par le préfet de l'arrêté municipal qui interdit un produit phytosanitaire particulier sur le territoire de sa commune ? Au fait sommes-nous sûrs que l'autorisation de mise sur le marché de ce produit tenait compte de la santé des “provinciaux” ?

Comme les autres régions, l'Alsace est en danger.

Il nous faut des institutions réellement démocratiques, en particulier la subsidiarité et la démocratie directe locale.

Publié dans MoDem, Dans l'opposition | Pas de Commentaires »

La démocratie au quotidien (XV): Le contrôle démocratique

Posté par Yves Mallebay le 21 novembre 2009

Les conséquences de la concentration des pouvoirs dans un système représentatif sont bien plus graves quand rien ne permet aux citoyens de contrôler leurs élus pendant toute la durée de leur mandat.

Le premier moyen de contrôler que l’exécutif reste dans son rôle est le conseil constitutionnel. L'absence de limites claires, les contorsions de l’actuel Président de la République (PdR) et la possibilité de modifier la constitution sans passer devant le suffrage universel (réunir le Congrès à Versailles) ont rendu ce moyen inopérant.

Le deuxième moyen est le parlement qui non seulement vote les lois mais aussi le budget. En étant chef d’un parti, le PdR se l’attache comme un godillot, menaçant les députés sincères d’exclusion aux prochaines élections législatives. En novembre 2009, on voit avec l’affaire des sondages de l’Elysée l’impuissance du parlement.

Le troisième moyen est le journalisme d’investigation : on sait que Nicolas Sarkozy par ses liens avec le mass media privé et le contrôle de la présidence de France-télévision fait régner une terreur qui musèle les journalistes (limogeage de Patrick Poivre d’Arvor …).

A la marge, un quatrième moyen pourrait être la justice, comme ce juge d’instruction qui à force de persévérance amène Jacques Chirac à rendre des comptes de ses malversations. Naturellement Nicolas Sarkozy a comme point de mire le juge d’instruction.

Est-ce un système présidentiel ? Les citoyens américains avaient l’ « impeachment » comme moyen de destituer Nixon en cours de mandat ; celui-ci a finalement préféré démissionner. Ce moyen n’est pas à la disposition des français: ce système n'est pas présidentiel, c'est une dictature avec un dictateur élu (et attention aux manipulations pour y arriver: TV, sondages de l'Elysée, etc.).

Ainsi on voit des citoyens en conflit avec le gouvernement défiler dans les rues, parfois jusqu’à faire reculer le gouvernement (le CPE de 2007, …). Ceci est mal compris par les observateurs étrangers : c’est tout simplement qu’il n’y a aucune possibilité de corriger la position du gouvernement d’un iota si celui-ci n’en a pas envie. Ce “manque d’envie” est plus perceptible sous le règne de Nicolas Sarkozy que sous ses prédécesseurs. Mais en réalité cette différence n'est qu'un problème de personnalité: les institutions ne jouent pas leur rôle.

A titre de comparaison, comment ne pas admirer la paix sociale qui règne en Suisse, malgré des conditions sociales parfois très dures ! C’est que les citoyens valident eux-mêmes les grands équilibres qui pilotent leur démocratie : la majorité est automatiquement en accord avec les lois qui sont approuvées, puisque c’est elle qui les approuve. Les circonstances sont quelquefois difficiles, mais si elles devenaient structurelles, les institutions sont prévues pour réagir (droit d'initiative populaire qui permet de soumettre au suffrage universel un projet qui court-circuite le gouvernement). D'où l'absence de protestations contre le gouvernement.

Quel que soit la solution institutionnelle retenue, le contrôle démocratique est l’objectif numéro un d’une réforme institutionnelle en France. C'est devenu une urgence.

Publié dans MoDem | Pas de Commentaires »

Elections régionales : votre avis nous interesse !

Posté par carolehaberle le 19 novembre 2009

Les élections régionales approchent. Afin d'élaborer un programme qui vous ressemble, nous avons besoin de connaître vos préoccupations, vos questions, vos interrogations en rapport avec les différents domaines de compétence du conseil regional .

Commençons donc par un petit rappel des compétences du CR.

Une compétence d’ordre général reconnue par les lois de décentralisation de 1981 pour promouvoir « le développement économique, social, culturel et scientifique ainsi que l’aménagement du territoire ».

Les compétences attribuées explicitement par la loi (avant 2004) :

- Formation professionnelle continue et apprentissage ,construction, équipement, entretien et fonctionnement des lycées, transports et circulation des voyageurs,tourisme

Les transferts de compétences issus de la loi du 13 août 2004 :

- Schéma Régional de Développement Economique, emploi, inventaire du patrimoine, environnement, aménagement du territoire

La région peut également intervenir par contrat avec l'état dans des secteurs dont elle juge le developpement prioritaire, l'aide aux entreprises, la culture, le sport par exemple.

Cette liste non exhaustive montre bien l'importance du Conseil Regional dans notre vie quotidienne.Laissez vos commentaires, nous vous remercions par avance de toutes vos contributions .

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

La démocratie au quotidien (XIV): à quoi sert un parti politique? (3/3) Dysfonctionnements et solutions

Posté par Yves Mallebay le 13 novembre 2009

Des primaires dans un parti politique

Cette idée est née dans notre “démocratie” représentative, où le chef doit mener ses armées de “militants” à la bataille électorale, certains partis considérant que la démocratie consiste à choisir son chef (nous avons vu que c’est un bien triste brouillon de démocratie). Cette idée est naturellement étrangère à un pays à démocratie directe. En vérité il s’agit de choisir son candidat et non son chef, comme on le voit aux USA où le candidat battu disparaît alors que le parti continue. Il convient de remarquer que ce pays où le système de primaires fonctionne n’a pas d'élection directe du président au suffrage universel.

La question est de toute façon posée dans un système représentatif : comment choisir son candidat ? Comment nommer ses lieutenants ?

Si des candidats incarnent des projets politiques distincts, c'est à dire les communiquent avec passion, contribuent à les enrichir et prennent comme personnelle une attaque contre leur projet, alors on peut envisager une consultation qui élirait le courant concerné. Le malheur est que dans ce cas on verra des hommes politiques carriéristes inventer des courants nouveaux non par conviction mais parce qu'ils ont besoin d'un cheval de bataille pour se faire élire. D’où la naissance de plusieurs projets, c'est à dire plusieurs courants, qui aboutissent comme dans le cas du Parti Socialiste à l'affaiblissement du mouvement d'origine et à son échec électoral dans ce contexte “représentatif”.

Il nous semble que pour éviter ce piège, il faut distinguer l’édification du projet politique qui a besoin de la démocratie interne et du débat pour se développer, et qui sera une construction collective, du choix de personne pour une place donnée qui ne doit pas être un choix de projet. Celui-ci doit être solidement arrimé : que le débat ait eu lieu, sincère, authentique et qu’il ait pris en compte les apports de toutes les composantes du mouvement (la « synthèse »).

Le projet défini, le choix de la personne va être basé sur ses qualités personnelles : que le candidat incarne le projet, qu’il donne des preuves de son engagement, de son authenticité et de sa fidélité au mouvement, qu’il ait des qualités personnelles de communication, un style personnel. Ce choix est un choix d’efficacité, prenant aussi en compte des critères tels que la parité des sexes, la représentativité ethnique, etc. La question du projet, donc de la démocratie interne, doit avoir été réglée auparavant.

Qui doit nommer les candidats ?

Dans une armée comme dans une entreprise, c’est le chef qui nomme ses adjoints. Compte-tenu de la violence du système représentatif dans lequel se trouve embarquée la France, c’est sans doute un repère à ne pas oublier.

Dans une démocratie directe, les citoyens élisent leurs représentants au parlement au suffrage universel et à la proportionnelle. Ils connaissent leur rôle et le contrôle qu'ils ont sur eux, et savent qu'il y a aussi une chambre basée sur une représentation territoriale (en France le sénat en est la survivance) et des règles de fonctionnement strictes. Ces conditions exigeantes de la démocratie directe, corps électoral stable (sinon représentatif de la population) par exemple, ne sont pas réunies dans un parti politique minoritaire.

La culture de la démocratie directe en France étant inexistante, les militants qui rêvent plus ou moins d'accéder à des responsabilités tendent à considérer qu'un système de primaires à l'intérieur d'un parti est juste, et qu'une décision qui descend de la tête du parti (conseil national …) n'est pas démocratique, surtout si l'instance officielle elle-même ne fonctionne pas comme une chambre d'élus, d'où d'éventuelles frustrations. Des malins ambitionnant une bonne place sur une liste locale peuvent être tentés de jouer sur cette fibre pour instrumentaliser les militants. En creusant un peu, on découvre qu'ils s'opposent aux conditions de la démocratie directe: nombre et pluralisme des candidats, temps nécessaire à la constitution de dossiers, temps nécessaire pour qu'ils soient connus par le corps électoral (des militants), transparence des débats et des arguments. Leurs arguments reposent sur des règles et des procédures qu'ils maîtrisent pour éliminer d'encombrants concurrents.

Mais il faut en revenir à l'essentiel dans un contexte d'agressions venant de l'extérieur: qui est le mieux placé pour s'assurer que l'exigence de cohérence sera garantie avec tel ou tel candidat: les militants qui soutiennent les candidats locaux ou la tête du parti qui incarne le projet ? Un candidat réellement attaché au projet politique du parti se fera t-il coopter contre la tête du mouvement ? Dans ce cas ne jouera-t-il pas sa propre carte plus tard (changement de parti) ? Les militants locaux apprécient-ils la notoriété d'un candidat et son impact sur l'image du parti dans un pays jacobin où l'essentiel de la vie politique est nationale ? Visent-ils bien le même objectif que la tête du parti qui est d'attirer le plus de voix dans l'électorat et sont-ils plus compétents pour cette anticipation ?

Si un parti connaît les frustrations évoquées, voire un malaise des militants, la raison véritable n'est-elle pas un manque de communication interne du sommet vers sa base ? Dans ce cas, les consultations d'initiative locale ne sont pas de nature à résoudre cette carence.

Rendre au parti sa fonction noble et au citoyen sa souveraineté

Ainsi la dérive du fonctionnement du parti politique vers les manipulations et les rapports de force tient à la toute puissance de l'élu sur l'électeur suivi d'une centralisation progressive des pouvoirs. L'obligation de validation référendaire des grandes décisions est un moyen simple de retourner durablement cette tendance.

D'une façon plus générale, il nous faut une constitution qui confère la souveraineté au peuple, que celui-ci soit l'autorité politique suprême. Le peuple comprend la totalité des hommes et des femmes majeurs de notre nationalité, les moins de 18 ans et les étrangers n’ayant pas de droits politiques au niveau national. La simplicité des critères évitera les manipulations et les dénigrements.

Il nous faut des institutions enfin démocratiques.

Publié dans MoDem | Pas de Commentaires »

La démocratie au quotidien (XIII): à quoi sert un parti politique? (2/3) Dérive représentative

Posté par Yves Mallebay le 12 novembre 2009

Rôle du parti politique dans une “démocratie” représentative

Le parti politique cherche prendre le pouvoir ou à le conserver.

Devenu machine à faire élire les gens - à porter des gens au pouvoir, par des moyens qui n'ont plus grand chose à voir avec le projet politique, le parti politique mène un combat qui génère un sentiment belliqueux exacerbé qualifié par les journalistes de passion électorale. Il regroupe des “amis politiques” qui ont pour objectif de remporter les élections, contre leurs “adversaires”.

Dans ce système, les négociations et les luttes d'influence, les manipulations et les alliances occupent les esprits. L’argent coule à flot, en particulier lors des élections présidentielles. Le fond, le projet politique, est simplifié, simple caricature qui autorise à se jeter rapidement dans la bataille.

Les débats politiques deviennent de la politique-spectacle, des affrontements, les plateaux TV des arènes, et la démocratie n'en sort presque jamais grandie. Plus que par la qualité de leurs projets, nous avons vu des chefs de partis jouer sur des réflexes de peur, de haine, sur le populisme, et le débat se réduire à un affrontement de clans voire de personnes capables de trahison et d'opportunisme. Comme le but ultime de ce combat moyenâgeux est d'occuper les places, on assiste avec le scrutin de liste à la recherche d'une meilleure position: c'est le comportement de courtisan qui est récompensé par le chef, le suzerain. Le projet politique n'étant plus le but en soi, il devient une brochure publicitaire destinée à attirer des sympathisants et des électeurs.

Que produit ce système ? De véritables bêtes de la scène politique, des artistes de la langue de bois capables de piocher dans la caisse en se faisant aimer de leurs victimes, rompus à prêcher devant les foules comme des chefs militaires haranguant leurs troupes avant la bataille. A ce propos nous avons été glacés par le ton utilisé par Nicolas Sarkozy aux commémorations de Berlin, tout comme nous sommes glacés par les rediffusions des discours vieux de 70 ans de l’inculte à la petite moustache de sinistre mémoire. Nous sommes loin de sages cultivés capables de capter l'air du temps, le sentiment de l'opinion, et de prendre des décisions équilibrées pour l'intérêt général.

Ecœurés par ces comportements abjects, nos concitoyens se détournent majoritairement de la politique, de son univers impitoyable, tout en continuant à parler de démocratie française ! Ne connaissant pas d’autre système, ils ne réalisent pas que celui-ci est précisément la cause de ces errances.

Certes des îlots de démocratie isolés, les interviews d'hommes et de femmes politiques dans des émissions littéraires plus feutrées, les discussions sur le trottoir entre militants après les réunions de section sont de rares moments d'en revenir au vif du sujet. Plutôt que de cesser tout engagement politique, il faut que tous ceux qui se retrouvent dégoûtés par la politique politicienne reconnaissent au contraire que ce système en est la cause et se fédèrent pour peser pour l'introduction de la démocratie directe dans nos institutions. François Bayrou a affirmé en 2009 qu'il souhaite l'élection des députés à la proportionnelle: ce n'est pas suffisant pour corriger les défauts du système représentatif, où le rôle du parti politique est de détenir le pouvoir.

Le général De Gaule avait cherché à sortir la France de l'emprise des partis politiques qui confisquaient le pouvoir sous la 4ème république. Les français avaient accueilli favorablement la 5ème république du fait de l'introduction de la démocratie directe (référendums) et d'un meilleur contrôle sur les dirigeants (élection du Président de la République au suffrage universel). Nicolas Sarkozy nous a prouvé qu'avec peu de changements et le contrôle des médias, le remède pouvait être pire que le mal.

L'amélioration de la représentativité du parlement ne devra pas réintroduire l'instabilité gouvernementale, et ce ne sera pas le cas si les grandes orientations du pays sont entérinées par voie de démocratie directe, réelle. La transition doit être prévue suffisamment tôt pour que chacun puisse exercer ses nouveaux droits.

Convaincre que ce système représentatif est responsable de toutes ces dérives, montrer la voie vers la démocratie réelle, faire naître la conscience des citoyens au milieu de la Sarkosie, voici une des ambitions de ce blog. Car il est souvent bien difficile d'être Démocrate et d’être pris en compte dans un système qui ne l'est pas ! Sourire

Publié dans MoDem | Pas de Commentaires »

 

 un Blog, des Blogs Un Blog, des Blogs - Vous pouvez, vous aussi créer un blog !